Dominance des secteurs d’activité selon les emplois en 1996

BUT ET OBJECTIF

L’objectif de cette carte est de faire ressortir le secteur d’activité qui domine dans chaque municipalité.

ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES

Les données proviennent du recensement du Canada de 1996. Les emplois dans les secteurs d’activité concernent l’occupation exercée par les personnes de 15 ans et plus qui résident dans chaque municipalité (subdivision de recensement). Cela comprend, pour le secteur primaire, les activités agricoles, de pêche et du piégeage, de l’exploitation forestière, des mines et des carrières. Pour le secteur secondaire, il s’agit des activités manufacturières et de la construction. Quant au tertiaire, cela comprend les activités liées au transport et à l’entreposage, aux communications et aux autres services publics, au commerce de gros et de détail, aux intermédiaires financiers et aux assurances, aux services immobiliers et aux agences d’assurance, aux services aux entreprises, aux services gouvernementaux, aux services d’enseignement, aux services de soin de santé et des services sociaux, à l’hébergement et à la restauration et ainsi qu’aux autres industries de services.

Il est à noter que ces données décrivent l’occupation des personnes qui résident dans chaque municipalité, ce qui ne veut pas toujours dire que les emplois sont exercés dans celle-ci.

La méthode de ségrégation récemment mise au point par Apparicio (2000) a été utilisée pour analyser les données et pour déterminer le secteur d’activité qui domine dans chaque municipalité. L'information illustrée sous forme de plages dans cette carte n'est, ni plus ni moins, que la synthèse de trois modèles (ou cartes) qui mesurent la surreprésentation d'un groupe dans les unités spatiales. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit des trois secteurs d’activité (primaire, secondaire et tertiaire). Pour y arriver, on calcule premièrement un indice d'égalité pour chacun des groupes. Cet indice mesure la distribution d'un groupe et varie de 0 à 1; la valeur 0 correspond à une distribution parfaitement égale dans les unités spatiales et la valeur 1 décrit une distribution ségrégative maximale.

Afin de localiser la surreprésentation ou la sous-représentation d’un groupe (secteur d’activité) dans la région étudiée, on utilise premièrement le quotient de localisation (QL) ou de concentration, soit le rapport entre la proportion du groupe dans l’unité spatiale et la proportion du groupe dans la municipalité. Si le QL est supérieur à 1, le groupe est surreprésenté dans l’unité spatiale et inversement s’il est inférieur à 1. Pour une valeur 1, le QL signifie que la concentration du groupe X dans l’unité spatiale est égale à celle de l’ensemble de la région. Le quotient de localisation aborde la distribution d’un groupe dans une région donnée et représente ainsi une mesure d’égalité unigroupe pouvant être discrétisée et cartographiée. Deuxièmement, il s'agit d'identifier le groupe (le secteur), parmi les trois, qui a obtenu la plus haute note dans chacune des unités spatiales. Finalement, une symbolisation appropriée en trois plages de couleur permet de voir la distribution de la dominance des secteurs d’activité.

COMMENTAIRE

L’analyse de ségrégation se présente en deux moments: l’analyse sectorielle et l’analyse de la dominance. Pris séparément, les secteurs d’activité montrent des coefficients de localisation (QL) très diversifiés (voir le tableau ci-joint). Dans le primaire , il n’est pas surprenant que les municipalités rurales obtiennent les plus hautes notes, par exemple Notre-Dame-de-Lorette, Saint-Augustin et Ferland et Boilleau ont des scores dépassant 6. Pour le secondaire, ce ne sont pas les centres urbains qui possèdent les plus forts coefficients, mais plutôt des municipalités rurales souvent périurbaines; cela n’empêche pas des villes de type « Company town », Desbiens et Dolbeau ainsi que Jonquière, de s’y trouver. Quant au tertiaire, ce sont les centres urbains qui s’imposent. Cette fois-ci, Chicoutimi, Roberval, Alma, La Baie ainsi que la réserve indienne de Mashteuiatsh ont tous des scores supérieurs à 1,0.

Tableau des coefficients de localisation (QL) et de la dominance

MUNICIPALITÉ

QL primaire

QL secondaire

QL tertiaire

Dominance

NOTRE-DAME-DE-LORETTE

6,78 

0,82 

0,49 

1

SAINT-AUGUSTIN

6,69 

1,02 

0,52 

1

FERLAND-ET-BOILLEAU

6,65 

0,90 

0,58 

1

SAINT-EDMOND

5,49 

0,73 

0,74 

1

GIRARDVILLE

5,30 

1,08 

0,62 

1

PÉRIBONKA

5,13 

0,93 

0,67 

1

LAMARCHE

4,71 

1,47 

0,51 

1

LAC-À-LA-CROIX

4,47 

0,92 

0,72 

1

SAINT-EUGÈNE

4,35 

0,53 

0,88 

1

LAC-BOUCHETTE

4,15 

0,73 

0,83 

1

BÉGIN

3,80 

1,72 

0,53 

1

SAINTE-ROSE-DU-NORD

3,72 

1,05 

0,80 

1

SAINT-LUDGER-DE-MILOT

3,72 

1,73 

0,56 

1

ALBANEL

3,36 

0,97 

0,81 

1

SAINT-HENRI-DE-TAILLON

3,35 

1,50 

0,65 

1

NORMANDIN

3,29 

0,95 

0,82 

1

SAINT-THOMAS-DIDYME

3,29 

1,15 

0,79 

1

SAINT-MÉTHODE

3,10 

1,25 

0,76 

1

PETIT-SAGUENAY

2,93 

0,96 

0,83 

1

SAINT-PRIME

2,78 

1,31 

0,76 

1

RIVIÈRE-ÉTERNITÉ

2,75 

1,26 

0,78 

1

SAINT-GÉDÉON

2,71 

0,71 

0,93 

1

LA DORÉ

2,70 

1,09 

0,83 

1

SAINT-CHARLES-DE-BOURGET

2,53 

0,72 

0,93 

1

SAINTE-JEANNE-D'ARC

2,43 

1,54 

0,69 

1

SAINT-FRANÇOIS-DE-SALES

2,43 

0,84 

0,93 

1

SAINTE-MONIQUE

2,39 

1,42 

0,74 

1

L'ANSE-SAINT-JEAN

2,35 

1,08 

0,85 

1

LABRECQUE

2,26 

1,66 

0,70 

1

SAINTE-HEDWIDGE

2,25 

1,63 

0,69 

1

HÉBERTVILLE

2,13 

1,01 

0,91 

1

SAINT-HONORÉ

2,07 

1,10 

0,88 

1

CHAMBORD

2,04 

0,99 

0,91 

1

SAINT-BRUNO

2,04 

0,98 

0,92 

1

SAINT-FULGENCE

2,04 

1,47 

0,78 

1

DELISLE

1,92 

1,50 

0,78 

1

SAINT-DAVID-DE-FALARDEAU

1,89 

0,98 

0,94 

1

L'ASCENSION-DE-NOTRE-SEIGNEUR

1,82 

1,65 

0,74 

1

MISTASSINI

1,77 

1,12 

0,90 

1

SAINT-AMBROISE

1,75 

1,44 

0,80 

1

SAINT-ANDRÉ-DU-LAC-SAINT-JEAN

1,69 

1,08 

0,92 

1

SAINT-NAZAIRE

1,66 

1,29 

0,85 

1

MÉTABETCHOUAN

1,56 

0,79 

1,01 

1

HÉBERTVILLE-STATION

1,45 

1,31 

0,86 

1

LATERRIÈRE

1,40 

0,90 

0,99 

1

SAINT-FÉLIX-D'OTIS

1,34 

1,05 

0,93 

1

SAINT-FÉLICIEN

1,14 

0,98 

0,99 

1

SAINT-STANISLAS

1,32 

2,24 

0,66 

2

LAROUCHE

0,63 

1,65 

0,84 

2

SHIPSHAW

0,79 

1,55 

0,85 

2

DESBIENS

0,86 

1,31 

0,92 

2

LAC-KÉNOGAMI

0,00 

1,16 

1,03 

2

JONQUIÈRE

0,36 

1,09 

1,03 

2

DOLBEAU

0,99 

1,05 

0,99 

2

CANTON TREMBLAY

0,93 

1,02 

1,00 

2

MASHTEUIATSH

0,82 

0,58 

1,13 

3

CHICOUTIMI

0,35 

0,77 

1,12 

3

ROBERVAL

0,77 

0,75 

1,09 

3

ALMA

0,52 

0,99 

1,04 

3

LA BAIE

0,44 

1,03 

1,04 

3

  Secteur Primaire            Secteur Secondaire                 Secteur tertiaire

La surprise la plus grande concerne l’analyse de la dominance des secteurs d’activité dans chaque municipalité. Le secteur primaire est dominant dans 47 municipalités qui, dans la très grande majorité des cas, ne sont pas des centres urbains, sauf pour Saint-Félicien et Mistassini au Lac-Saint-Jean (voir la carte insérée dans ce texte). La dominance du secteur secondaire forme un bloc de municipalités périurbaines dans le Haut-Saguenay allant de Larouche à Canton Tremblay. Ailleurs, il n’est pas anormal que Dolbeau-Mistassini et Desbiens soient dominés par le secteur secondaire comme on l’a vu plus haut. Pour Saint-Stanislas au nord du Lac-Saint-Jean, une petite municipalité rurale sans industrie, il est bien possible que les résidents travaillent dans des entreprises manufacturières du voisinage (à moins que les effets d’arrondissement pour conserver la confidentialité des données faussent un peu la réalité). Seuls Chicoutimi, La Baie, Alma, Roberval et la réserve indienne de Mashteuiatsh sont dominés par le secteur tertiaire.

Il s’avère que si l’on observe l’ensemble de la région, il se dégage un patron composé de trois noyaux urbains où dominent les emplois dans le secteur tertiaire: Chicoutimi combiné à La Baie, Alma et Roberval. Dans le Haut-Saguenay, Chicoutimi est ceinturé de municipalités dans lesquelles les emplois du secteur secondaire sont dominants. Tout autour, les emplois du secteur primaire dominent comme une épaisse couronne. Cela ne peut s’expliquer que par le rôle que jouent l'agriculture et l’exploitation forestière dans les collectivités rurales.

Cette carte mérite d’être comparée aux autres cartes qui traitent des secteurs d’activité économique et aux cartes d’utilisation du sol.


RÉFÉRENCES

APPARICIO, Philippe, (2000), Les indices de ségrégation résidentielle: un outil intégré dans un système d'information géographique, Université du Maine et INRS-Urbanisation, 20 pages, [ http://www.cybergeo.presse.fr/essoct/apparici.htm ] .

GAGNON, Christiane, (1994), Profil social et économique des municipalités du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Dossier cartographie et statistique, Chicoutimi, 27 pages.

GAUTHIER, Majella-J. et Louis-Marie BOUCHARD (sous la direction de), (1981), Atlas régional du Saguenay—Lac-Saint-Jean, Chicoutimi, Gaëtan Morin éditeur, planches F-1, F-2, F-6, F-13 et F-14.


SOUTIEN FINANCIER

Fonds académique du réseau de l'Université du Québec (FODAR)

Projets structurants à caractère régional (CRCD)

Fondation de l'Université du Québec à Chicoutimi (FUQAC)

Table des préfets des MRC du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Majella-J. GAUTHIER, Carl BRISSON, Pierre-Martin CÔTÉ et Alain ROCH,

Laboratoire de télédétection et de géomatique, Université du Québec à Chicoutimi, janvier 2002.