Évaluation foncière uniformisée des chalets par municipalité

Diplomation chez les filles et les garçons inscrits en 1re secondaire, 1989-1991

 

BUT ET OBJECTIF

 

Comme il y a clairement des traits culturels et des facteurs sociaux en jeu, une stratégie efficace de lutte au problème social qu’est l’abandon scolaire nécessite une intervention concertée de tous les intervenants du milieu. C’est pourquoi il nous est apparu utile de proposer dans cette section certaines compilations de données sur la diplomation au secondaire sur la base de découpages territoriaux qui permettent d’analyser ce phénomène à partir d’un regard différent. Celui-ci devrait en permettre une plus grande appréciation par les divers acteurs.

 

Les élèves fréquentant l’une ou l’autre des écoles secondaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean proviennent de municipalités ayant des caractéristiques bien différentes, comme ils peuvent être originaires de quartiers urbains fort inégaux quant au statut socioéconomique. Dans des travaux antérieurs, nous avons d’ailleurs étudié en profondeur l’accès aux études postsecondaires selon les zones socioéconomiques de l’agglomération Chicoutimi-Jonquière pour y découvrir un gradient très bien structuré illustrant, à l’instar d’autres sociologues, le poids de l’origine sociale sur la carrière scolaire. La même étude a permis de repérer différents facteurs prédictifs (caractéristiques géographiques, socioéconomiques et culturelles) des taux d’accès au collégial à l’échelle des municipalités de la région (Veillette, 1993). Les commentaires reçus et l’intérêt qu’ont alors suscités de telles compilations sur la base des municipalités nous ont incités à poursuivre dans cette voie, cette fois pour un indicateur concernant le niveau scolaire.

 

 

ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES

 

Trois cohortes récentes d’élèves ont fait l’objet des analyses; il s’agit des élèves nouvellement inscrits en première secondaire en 1989, 1990 ou 1991. Le texte qui suit présente brièvement l’indicateur retenu et les principales étapes de réalisation.

 

Deux définitions permettent de mieux cerner l’indicateur retenu : une définition synthèse et une définition technique.

 

Définition synthèse : taux d’obtention d’un premier diplôme du secondaire (DES, DEC,CEP) dans les établissements des réseaux public et privé aux secteurs des jeunes et des adultes (moins de 20 ans). Il s’agit du taux de diplomation après sept ans d’élèves nouvellement inscrits en 1re année du secondaire durant la période 1989-1991 (les trois cohortes les plus récentes pour lesquelles des données étaient disponibles au moment de la compilation).

 

Définition technique : les compilations ont été effectuées par le Groupe Écobes du Cégep de Jonquière. Les données de performance scolaire colligées par le ministère de l’Éducation du Québec sont habituellement diffusées par commission scolaire et par région administrative. Pour les besoin de l’Atlas, ces données ont été compilées à l’échelle municipale en utilisant le « Fichier de correspondances entre le code postal et le code géographique » de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Précisons que des effectifs scolaires associés à un code postal partagé entre plusieurs municipalités sont répartis à l’aide du coefficient calculé par l’ISQ.

 

 

COMMENTAIRE

 

Cette carte fournit la distribution des taux de diplomation après sept ans de tous les élèves de la période 1989-1991 pour les municipalités de la région. À maints égards, la répartition géographique de la diplomation au secondaire peut être rapprochée de celle de l’accessibilité aux études postsecondaires (Veillette, 1993). Soulignons que pour l’ensemble des élèves, 27 municipalités affichent un taux égal ou supérieur à 70 % et 20 d’entre elles présentent un taux de diplomation supérieur au taux régional (73,6 %). Alors que parmi les municipalités les plus excentriques situées à l’ouest, au nord ou à l’est de la région dominent celles ayant les taux les plus faibles (12 petites municipalités rurales incluant Mashteuiatsh ont un taux inférieur à 60 %), c’est au cœur de la sous-région du Saguenay autour de l’ancienne agglomération Chicoutimi-Jonquière, ainsi que dans les deux axes Alma-Roberval et Saint-Félicien–Dolbeau-Mistassini que la diplomation est la meilleure.

 

Pour l’ensemble des municipalités du Québec, il y a bel et bien une corrélation entre le taux de diplomation des garçons et celui des filles d’une municipalité. En effet, si l’on met en relation le taux de diplomation selon le sexe pour la période 1989-1991 des élèves de chaque sexe pour l’ensemble des municipalités du Québec, on obtient un coefficient de corrélation (r de Pearson) de 0,76. Il y a donc une correspondance certaine entre les stratégies scolaires des garçons et des filles dans un territoire donné. Cette relation est même un peu plus forte si l’on considère seulement les municipalités du Saguenay–Lac-Saint-Jean (r = 0,85) sélectionnées selon le même critère. Il y a même un accroissement notable du coefficient de corrélation dans le temps, soit de la cohorte de 1989 (r = 0,46) à celles de 1990 (r = 0,60) et de 1991 (r = 0,66), à l’échelle des municipalités de la région. Les municipalités, où les filles sont le plus diplômées, sont généralement celles où les garçons le sont aussi en plus grand nombre.

 

Dans une région où la diplomation au secondaire des garçons et des filles apparaît, somme toute, plutôt comparable à celle de la province de Québec, et où l’offre et l’accessibilité de services scolaires pourraient faire l’envie de plusieurs régions éloignées, les inégalités géographiques de la diplomation nous laissent perplexes. S’ajoutant aux clivages déjà repérés quant à l’accessibilité aux études postsecondaires, les présentes données semblent bien confirmer l’une des conclusions tirées de notre ouvrage publié antérieurement : le sexe de l’élève, l’âge au début des études secondaires, le réseau d’établissements scolaires fréquenté et aussi l’origine sociogéographique structurent hiérarchiquement les chances d’obtenir un DES, d’accéder au collégial et d’y obtenir une sanction d’études. Des inégalités de choix (filières et domaines de formation) selon l’origine sociale s’y superposent. On constate donc que les clivages socioéconomiques et géographiques ont des effets plus prononcés sur la persévérance scolaire au niveau secondaire qu’au niveau collégial, si bien qu’une proportion importante d’élèves moins bien nantis ou originaires des villages éloignés se trouvent déjà exclus du système scolaire au moment du passage aux études collégiales.

 

 

RÉFÉRENCES

 

PERRON, Michel, Marco GAUDREAULT, Suzanne VEILLETTE et Laurent RICHARD, (2000), Jeunes de la ville ou de la campagne : quelles différences ?, Série Enquête régionale 1997 : Aujourd’hui, les jeunes du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jonquière, Groupe Écobes, Cégep de Jonquière, 103 pages.

 

PERRON, Michel, Laurent RICHARD et Suzanne VEILLETTE, (1997), Structure sociorésidentielle et conditions de vie au Saguenay, Cahiers de géographie du Québec, vol. 41, No 112, p. 31-48.

 

VEILLETTE, Suzanne., Michel PERRON, Gilles HÉBERT, Chantale MUNGER et Josée THIVIERGE, (1993), Les disparités géographiques et sociales de l’accessibilité au collégial, Étude longitudinale au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jonquière, Groupe Écobes, Cégep de Jonquière, 163 pages.

 

 

SOUTIEN FINANCIER

 

Projets structurants à caractère régional (CRCD)

Fondation de l'Université du Québec à Chicoutimi (FUQAC)

 

 

 

 

Michel PERRON (Cégep de Jonquière), Majella-J. GAUTHIER, Pierre-Martin CÔTÉ et Carl BRISSON. Laboratoire de recherche et d’expertise en télédétection et en géomatique, Université du Québec à Chicoutimi, octobre 2002.