Tendance démographique 2001-2011

BUT ET OBJECTIF

La carte a pour but d’illustrer la variation de la population totale des municipalités sur une période de 10 ans. Elle est le résultat d’un modèle de régression statistique qui montre les écarts à la tendance générale des changements.

ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES

Trop souvent, on nous présente la variation quantitative des phénomènes en utilisant le simple pourcentage de variation entre deux moments dans le temps. On peut s’en accommoder lorsque les données sont relativement homogènes. Cependant, quand elles présentent des extrêmes comme la population des grands centres urbains et celle des petits villages, les pourcentages (qui sont les évolutions relatives) donnent l’impression d’une plus grande variation dans les petits villages. En effet, une augmentation de 100 personnes n’a pas la même importance dans un village de 1 000 habitants que dans un centre urbain de 50 000.

Dans le cas présent, serait-il possible de déterminer la tendance générale de l’évolution de la population pour l’ensemble des municipalités et de classer chacune d’elles selon la plus ou moins grande proximité à cette tendance?

L’analyse descriptive

L’analyse descriptive de la population dans les recensements du Canada de 2001 et de 2011 montre différents éléments (voir tableau no 1). La population totale des municipalités et des villes est passée de 278 071 personnes en 2001 à 274 644 en 2011, soit une réduction de 3 427 habitants. La population de la plus petite municipalité a diminué, mais celle de la plus grande aussi, si bien que l’écart qui les sépare rapetisse également. La médiane décroît de 75 personnes alors que la moyenne descend de 66 personnes. L’écart-type rétrécit de 182 habitants et le coefficient de variation indique que l’on tend à une plus grande homogénéité dans la série de données municipales.

Tableau no 1 : Synthèse de l’analyse descriptive

Éléments

2001

2011

Différences

Population totale

278 071

274 644

- 3 427

Valeur minimale

216

189

- 27

Valeur maximale

68 556

66 910

- 1 646

Étendue

68 340

66 721

- 1 619

Médiane

1 286,5

1211,5

- 75

Moyenne

5 347,51

5 281,61

-65,9

Écart-type

13 023,86

12 841,81

- 182,05

Coefficient de variation

2,43

2,43

0

L’analyse de régression

Il est utile de faire appel à diverses méthodes de calcul pour classer les municipalités selon les changements dont elles ont été l’objet. L’analyse de régression simple en est un bon exemple.

Le diagramme no 1 montre la ligne de régression. Il s’agit d’une ligne droite qui traverse un nuage de points correspondant à la position de chaque municipalité; la population de 2001 est sur l’axe des X (variable indépendante) et celle de 2011 sur l’axe des Y (variable dépendante). Autrement dit, on pourrait se poser la question suivante: « Est-ce que la population totale de chaque municipalité en 2011 peut être expliquée par celle de 2001? »

Il est assez évident que la relation entre les deux séries de valeurs est extrêmement forte; il y a donc une corrélation positive presque parfaite. L’alignement des points est presque rectiligne et correspond, à quelques distances près, à la ligne de régression.

La droite de régression n’est ni plus ni moins que la ligne sur laquelle aurait dû se positionner tous les points si la relation avait été parfaite. Dans le cas présent, elle  représente la tendance générale de la relation entre les deux années de recensement. Si les changements avaient été uniformes pour toutes les municipalités, tous les points auraient été situés exactement sur la ligne. Or, ce n’est pas le cas : toutes les municipalités sont positionnées de part et d’autre de la ligne à une distance plus ou moins grande. Certaines sont au-dessus de la ligne et montrent qu’elles ont crû plus que la tendance générale, alors que d’autres sont en dessous parce qu’elles ont un comportement inférieur à celui de la tendance générale. Ces écarts à la ligne peuvent être mesurés en nombre de personnes ou en nombre relatif.

On peut ainsi estimer quelle aurait été la population (la population estimée selon le modèle) de chaque municipalité si elle avait suivi la tendance générale. Par exemple, l’arrondissement de La Baie avait 19 940 habitants en 2001; on en compte 18 530 dix ans plus tard. Cependant, si l’on se base sur la tendance générale, sa population aurait dû être de 19 664. Il y a donc un écart de -1 134 personnes entre la réalité et le modèle; cette différence est appelée résidu (écart) en nombre de personnes. À l’opposé, Saint-Honoré possède un résidu positif avec 1 466 (voir le tableau no 2).

Tableau no 2 : Données et résidus

Analyse mathématique

Analyse de régression

Population
2011

Population
2006

Population
2001

Différence
réelle
1991-2011

Variation
en %
1991-2011

Population
2011 estimée

Résidus en
nombre

Résidus
écarts-types

Arr. de La Baie

18 530

18 376

19 940

-1 410

-7,07

19 664,19

-1 134,186

-3,08

Arr. de Chicoutimi

66 910

66 286

68 556

-1 646

-2,40

67 580,85

-670,853

-1,82

Roberval

10 227

10 544

10 906

-679

-6,23

10 760,14

-533,138

-1,45

Normandin

3 137

3 220

3 524

-387

-10,98

3 484,33

-347,327

-0,94

Dolbeau-Mistassini

14 384

14 546

14 879

-495

-3,33

14 675,99

-291,987

-0,79

Saint-Félicien

10 278

10 477

10 622

-344

-3,24

10 480,22

-202,224

-0,55

Lac-Bouchette

1 174

1 311

1 370

-196

-14,31

1 361,31

-187,312

-0,51

Girardville

1 100

1 186

1 285

-185

-14,40

1 277,54

-177,535

-0,48

Albanel

2 293

2 326

2 455

-162

-6,60

2 430,71

-137,705

-0,37

Saint-Edmond-les-Plaines

390

432

518

-128

-24,71

521,57

-131,568

-0,36

Petit-Saguenay

727

780

849

-122

-14,37

847,81

-120,807

-0,33

Saint-Thomas-Didyme

677

708

797

-120

-15,06

796,56

-119,555

-0,32

Hébertville-Station

1 216

1 230

1 330

-114

-8,57

1 321,89

-105,887

-0,29

La Doré

1 453

1 454

1 553

-100

-6,44

1 541,68

-88,68

-0,24

Saint-Ludger-de-Milot

678

727

764

-86

-11,26

764,03

-86,029

-0,23

Saint-François-de-Sales

654

731

735

-81

-11,02

735,45

-81,446

-0,22

Péribonka

464

541

538

-74

-13,75

541,28

-77,28

-0,21

Rivière-Éternité

484

557

553

-69

-12,48

556,06

-72,064

-0,20

Desbiens

1 053

1 074

1 128

-75

-6,65

1 122,79

-69,793

-0,19

Saint-André-du-Lac-Saint-Jean

488

484

554

-66

-11,91

557,05

-69,05

-0,19

Labrecque

1 215

1 295

1 288

-73

-5,67

1 280,49

-65,492

-0,18

Saint-Eugène-d'Argentenay

546

572

608

-62

-10,20

610,27

-64,273

-0,17

Sainte-Monique

865

914

930

-65

-6,99

927,64

-62,641

-0,17

Bégin

868

862

924

-56

-6,06

921,73

-53,728

-0,15

Métabetchouan-Lac-à-la-Croix

4 097

4 084

4 198

-101

-2,41

4 148,63

-51,632

-0,14

Ferland-et-Boilleau

583

626

629

-46

-7,31

630,97

-47,971

-0,13

Saint-Fulgence

1 949

2 024

2 003

-54

-2,70

1 985,21

-36,206

-0,10

Notre-Dame-de-Lorette

189

175

216

-27

-12,50

223,91

-34,912

-0,09

Sainte-Jeanne-d'Arc

1 089

1 139

1 128

-39

-3,46

1 122,79

-33,793

-0,09

Saint-Augustin

400

393

424

-24

-5,66

428,92

-28,92

-0,08

Sainte-Hedwidge

824

820

843

-19

-2,25

841,89

-17,893

-0,05

Saint-Henri-de-Taillon

760

739

776

-16

-2,06

775,86

-15,857

-0,04

Saint-Charles-de-Bourget

690

659

703

-13

-1,85

703,91

-13,907

-0,04

Sainte-Rose-du-Nord

413

441

409

4

0,98

414,14

-1,136

0,00

Saint-Stanislas

353

345

340

13

3,82

346,13

6,872

0,02

Saint-Félix-d'Otis

801

1 007

790

11

1,39

789,66

11,345

0,03

Lamarche

557

562

527

30

5,69

530,44

26,562

0,07

Hébertville

2 441

2 421

2 425

16

0,66

2 401,14

39,864

0,11

L'Anse-Saint-Jean

1 208

1 088

1 155

53

4,59

1 149,41

58,595

0,16

L'Ascension-de-Notre-Seigneur

1 983

1 976

1933

50

2,59

1 916,21

66,787

0,18

Saint-Prime

2 758

2 661

2702

56

2,07

2 674,15

83,849

0,23

Chambord

1 773

1 690

1693

80

4,73

1 679,67

93,334

0,25

Saint-Gédéon

2 001

1 931

1923

78

4,06

1 906,36

94,643

0,26

Saint-Nazaire

2 114

1 866

2028

86

4,24

2 009,85

104,153

0,28

Saint-Ambroise

3 546

3 484

3463

83

2,40

3 424,21

121,795

0,33

Larouche

1 277

1 200

1050

227

21,62

1 045,92

231,085

0,63

Saint-Bruno

2 636

2 353

2384

252

10,57

2 360,73

275,274

0,75

Saint-David-de-Falardeau

2 657

2 555

2347

310

13,21

2 324,26

332,742

0,90

Mashteuiatsh

2 213

1 749

1861

352

18,91

1 845,25

367,751

1,00

Arr. de Jonquière

59 360

59 030

59 554

-194

-0,33

58 708,35

651,655

1,77

Alma

30 904

29 998

30 126

778

2,58

29 703,66

1 200,338

3,26

Saint-Honoré

5 257

4 727

3 835

1 422

37,08

3 790,85

1 466,147

3,98

Ces écarts peuvent aussi être exprimés en nombre standardisé basé sur la moyenne générale des changements pour l’ensemble des chiffres des municipalités. Le diagramme no 2 repré sente les résidus standardisés à la tendance générale pour chacune des municipalités (la droite de régression étant mise à l’horizontale).

COMMENTAIRE

La carte montre deux types d’information: les écarts (formulés en résidus standardisés) à la tendance générale exprimés sous forme de trame et les changements en nombre réel de personnes.

Il est possible de se rendre compte que les municipalités qui ont un comportement plus positif se trouvent dans les centres urbains ou autour de ceux-ci. Au Lac-Saint-Jean, Alma forme un bloc qui se distingue par des changements supérieurs à la tendance, alors que Saint-Félicien suit la tendance. À Saguenay, les arrondissements de Chicoutimi et de La Baie sont sous la ligne générale, alors que l’arrondissement de Jonquière se maintient. C’est autour de Saguenay et d’Alma que les grands blocs dynamiques apparaissent; en effet, les municipalités adjacentes ou de la périphérie immédiate de ces centres tirent bien leur épingle du jeu.

Par ailleurs, Dolbeau-Mistassini, Roberval et Normandin ont de la difficulté à suivre la tendance générale, puisqu’elles ont changé à un rythme plus lent que cette dernière.

De plus, la carte fait voir la décroissance de la population en termes de nombre de personnes. Les pertes se font sentir plus nettement dans deux des arrondissements de Saguenay, justement là où se concentre la plus grand partie de la population de la région. Par ailleurs, trois aires de réduction d’effectifs sont très visibles sur la carte: le nord-ouest et le sud du Lac-Saint-Jean ainsi que le Bas-Saguenay.

RÉFÉRENCES

GAUTHIER, Majella-J. et Louis-Marie BOUCHARD (sous la direction de), (1981), Atlas régional du Saguenay—Lac-Saint-Jean, Chicoutimi, Gaëtan Morin éditeur, planche B-5.

SAVARD, Michel et autres, (1994), Pour l’amélioration de la santé et du bien-être au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Chicoutimi, Régie régionale de la santé et des services sociaux, Direction des priorités et de l’évaluation, Service des études opérationnelles, 128 pages.

SOUTIEN FINANCIER

Fonds spécial de soutien du DECSR – UQAC

Majella-J. GAUTHIER et Carl BRISSON

Laboratoire de recherche et d’expertise en géographie appliquée (LERGA)

Atlas électronique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Université du Québec à Chicoutimi, avril 2013.