Appartenance aux ombres urbaines, 1996


BUT ET OBJECTIF

La carte a pour objectif de montrer l’importance des recoupements des ombres urbaines des sept centres urbains de la région. En effet, l’aire d’influence d’un centre urbain en particulier n’est pas exclusive et chaque localité peut être attirée par un, deux ou plusieurs noyaux urbains en même temps. Comment s’organise l’appartenance des localités aux centres urbains? Y a-t-il des localités où la population possède un plus grand choix en matière de centres urbains et aussi d’emplois? Peut-on dégager un modèle géographique des interférences qui s’exercent sur le territoire?

Rappelons que la notion d’ombre urbaine est rattachée à l’organisation spatiale et aux modèles spatiaux qu’engendrent les centres urbains dans un territoire donné. Selon Van Den Broucke (1986), on peut tracer la limite de l’extension maximum des migrations de travailleurs autour d’un point et circonscrire alors des lieux qui, réunis, forment une aire dont l’étendue correspondrait au pouvoir d’attraction en termes d’emplois. L’ombre urbaine n’est, ni plus ni moins, qu’une troisième couronne qui constitue un système urbain autour d’un centre urbain: la première étant la zone urbaine et de banlieue, la deuxième étant la frange rurale-urbaine.


ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES

Les données qui ont servi à la préparation de cette carte proviennent du Recensement du Canada de 1996. Elles concernent uniquement les migrations de travail des personnes qui demeurent à l’extérieur des limites de Saint-Félicien et qui proviennent des autres municipalités de la région du Saguenay‑ Lac-Saint-Jean . Il s’agit donc des individus qui habitent ailleurs, mais qui travaillent dans cette ville. Pour les fins d’analyse, les municipalités dont le nombre de déplacements était très faible (seulement des traces) n’ont pas été retenues. Ainsi, « le critère de délimitation spatiale de l’ombre urbaine est basé sur la distance maximale des migrations quotidiennes de travail en direction du noyau urbain […] » (Van Den Broucke 1986).

Sur le plan technique, le calcul des niveaux d’appartenance aux centres urbains s’avère simple. Cela se fait par l’addition du nombre de fois qu’une municipalité se situe dans l’aire urbaine des divers centres urbains. Les valeurs s’étendent de 0 à 7.

COMMENTAIRE

La carte fait voir la répartition des fréquences des appartenances aux ombres urbaines de la région. Seuls Chicoutimi et Alma appartiennent à toutes les aires. À l’opposé, la petite municipalité de Notre-Dame-de-Lorette (234 habitants) n’appartient à aucune ombre urbaine en raison du peu de personnes qui travaillent dans les centres urbains. Ailleurs, le nombre de municipalités par classe de fréquence va comme suit: 9 pour la classe 1, 11 pour la classe 2, 10 pour la classe 3, 13 pour la classe 4, 5 pour la classe 5 et 6 pour la classe 6. En moyenne, le nombre de municipalités par classe s’élève à 3,3.

Les autres centres urbains (Jonquière, La Baie, Roberval, Saint-Félicien et Dolbeau-Mistassini ) de même que les municipalités périurbaines (la frange rurale-urbaine) se trouvent dans les classes 4, 5 et 6. Ils forment, avec Chicoutimi et Alma, un bloc passablement homogène d’intersections et d’interférences qui va de Saint-Félicien à La Baie en passant par le sud du Lac-Saint-Jean . C’est le cœur des migrations de travail au Saguenay– Lac-Saint-Jean . C’est aussi une réalité géographique qui s’associe à la répartition des activités économiques de la région, particulièrement avec les activités industrielles et celles du secteur tertiaire. (Voir dans cet atlas les cartes sur le Patron des migrations de travail en 1996 ainsi que la Fréquence des types d’entreprises par municipalité en 2002). Il est à noter également que si l’on essaye de subdiviser le bloc dont il a été question antérieurement, on peut voir que l’axe urbano-industriel d’Alma-La Baie émerge bien et qu’au Lac-Saint-Jean , la portion Saint-Félicien– Dolbeau-Mistassini est coupée d’Alma.

La carte met aussi en évidence des portions de territoire moins touchées par les ombres urbaines et ainsi moins polarisées. Il s’agit d’abord d’un long croissant composé de localités rurales passant par le nord du Lac-Saint-Jean et qui va de La Doré à Saint-David-de-Falardeau . Puis, il y a des localités nettement moins nombreuses sur le bouclier canadien au sud du Lac-Saint-Jean de même qu’au Bas-Saguenay.

RÉFÉRENCES

BAVOUX, J. -J, R. CHAPUIS, S. DELMER, V. MANNONE, S. PASSEGUE et P. VOLPOËT, (1998), Introduction à l’analyse spatiale, Paris, A. Collin, 96 p.

BRUNEAU, Pierre, (1986), Les villes moyennes au Québec, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 195 p.

PROULX, Marc-Urbain, (2002), L’économie de territoires au Québec, Montréal, Presses de l’Université du Québec, Coll. Science régionale, 364 p.

VAN DEN BROUCKE, Bruno, (1986), Le système urbain/péri-urbain/rural montréalais, Cahiers Nantais, no 28, p. 31-55.


SOUTIEN FINANCIER

Table des préfets des MRC du Saguenay– Lac-Saint-Jean

Fondation de l'Université du Québec à Chicoutimi (FUQAC)

Projets structurants à caractère régional (CRCD)


Majella-J . GAUTHIER, Martin DION et  Carl BRISSON. Laboratoire de recherche et d’expertise en télédétection et en géomatique , Université du Québec à Chicoutimi, août 2003.